L’église actuelle a succédé à l’église Saint Michel du Tertre, une des plus anciennes paroisses d’Angers qui remontait au temps de Charlemagne, à la fin du VIIIè siècle, et se dressait à l’angle du boulevard et de la rue Jules Guitton. Cette église, toute proche de l’hôtel de ville, du palais de justice et des halles de cette époque, était associée, comme la cathédrale Saint Maurice, à toutes les grandes heures de l’histoire de la cité : Henri IV, notamment, y assista à la messe de la Passion lors de son séjour à Angers où il préparait le fameux édit de Nantes. À la révolution, la paroisse fut supprimée et l’église, abandonnée, bientôt démolie.

Lorsque le culte put reprendre, il s’installa dans l’ancienne chapelle, construite par les Pères de l’Oratoire sous le vocable de Notre-Dame, que l’imprimeur Mame avait achetée et qu’il loua gratuitement aux paroissiens. La première pierre de cette chapelle avait été posée en 1674 en présence de l’évêque Henri Arnaud : au fond de la nef actuelle, dans le bas-côté droit, on peut voir la belle inscription gravée sur cuivre qui le rappelle. Mais cette chapelle était très insuffisante et en mauvais état. En 1842, il fallut l’agrandir dans des conditions techniques médiocres si bien que sa reconstruction complète parut indispensable moins de quarante ans plus tard.

Cette reconstruction donna lieu à de multiples péripéties, tant pour le choix de l’emplacement de l’édifice que pour son financement. À cette époque, le quartier fut entièrement remodelé avec la démolition des halles médiévales et de l’ancien tribunal. Finalement, la nouvelle église fut construite presque au même endroit que l’ancienne mais beaucoup plus vaste et entièrement dégagée des bâtiments qui l’enserraient, notamment par l’ouverture de la rue Émile Bordier et par l’agrandissement de la place Imbach, en supprimant toutes les maisons d’un côté de la rue Pocquet de Livonnière. Quant au financement, il devait, à l’origine, être totalement assuré par le legs d’une paroissienne, Marie Guitton, décédée en 1883 ; après une longue procédure, seule une partie de ce legs échut finalement à la ville d’Angers pour la construction de l’église. Le reste, c’est-à-dire près de la moitié de la dépense, fut financé par la générosité des paroissiens, dont un don exceptionnel de Berthe Logerais. Il fallut, cependant, renoncer à la construction du clocher qui aurait dû naturellement couronner l’ouvrage. Le projet réalisé fut celui de l’architecte Auguste Beignet, né à Beaufort en Vallée et auteur de nombreux édifices en Anjou. Adjugée en 1896 à l’entreprise Étienne Martin d’Angers, la construction fut achevée en 1904 et la nouvelle église consacrée par Monseigneur Rumeau le 13 octobre 1904.

L’église n’a guère changé depuis lors, si ce n’est par l’adjonction de vitraux dans le chœur et surtout par l’enlèvement, dans le cadre de la réforme conciliaire, du volumineux ciborium supporté par quatre colonnes qui entourait le maître-autel.

Déjà en 1841, Jacques Pasquier, curé de Notre-Dame, avait affilié sa paroisse à l’archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires, créée à Paris en 1836 où elle avait entraîné un regain merveilleux de piété. En 1960, l’église a obtenu de la Congrégation des Rites le titre patronal du Cœur immaculé de Marie sous le vocable de Notre-Dame des Victoires. En 1986, l’ancienne chapelle des morts, à droite du clocher, a été rénovée et est devenue la chapelle Notre-Dame des Victoires, propice au recueillement et à la prière.

Depuis 1997, l’église Notre-Dame des Victoires est rattachée à la cathédrale Saint Maurice pour former la nouvelle Paroisse Cathédrale Saint Maurice Notre-Dame.

 

Architecture

L’église actuelle est une église-halle à chapelles latérales et à transept non saillant, de 64 m de long sur 25 m de large. Elle est de style romano-byzantin, qui se caractérise par la polychromie de son aspect extérieur, avec des assises horizontales alternées de tuffeau et de moellons de schiste posés à plat sur un soubassement aux assises de granit et de calcaire dur. Malheureusement, le tuffeau extérieur a beaucoup souffert des intempéries et, en l’absence de flèche pour le clocher, l’aspect extérieur de l’édifice n’a rien de remarquable.

On pénètre dans l’église par la place Imbach en gravissant trois séries de marches qui compensent la pente du terrain. La nef, très claire et très dégagée, est séparée seulement des bas-côtés par deux rangées de fines colonnes de 60 cm de diamètre. La hauteur sous clés de la nef est de 18,50 m et celle de la coupole, à la croisée du transept, de 22 m.

La nef comporte cinq travées et, au-delà du transept, le chœur se prolonge par trois travées identiques. Toutes ces travées sont couvertes de voûtes bombées, de style dit angevin ou plantagenêt, en tuffeau. La croisée du transept est dotée d’une coupole sur trompes reposant sur un tambour octogonal.

Tous les parements à l’intérieur de l’église sont abondamment sculptés, depuis la base des colonnes qui reposent sur des socles octogonaux rappelant quelque peu ceux de la basilique Notre-Dame de Fourvière, jusqu’à une frise qui court tout le long des murs sous les fenêtres avec des entrelacs où sont peints des caractères retraçant les litanies de la Sainte-Vierge. Les chapiteaux ont des motifs végétaux et on pourra seulement rechercher les symboles des quatre évangélistes parmi ceux de la croisée du transept.

L’ensemble le plus intéressant de l’église est constitué par ses vitraux. Ceux des absidioles latérales évoquent des figures de saints. Dans la chapelle Notre-Dame des Victoires, trois vitraux de Maurice Mercier représentent la descente de croix, la mise au tombeau et la résurrection.

Mais on remarquera surtout les grands vitraux au niveau supérieur du transept et du chœur, qui sont tous consacrés à des scènes de la vie de la Vierge. Ceux des deux bras du transept, sous les rosaces, datent du début du XXè siècle : à gauche, le mariage de la Vierge par Maurice Mercier et à droite, la présentation de Marie au temple par V.R. Livache. À côté d’eux, des vitraux plus récents, la Visitation et l’Annonciation sur des dessins de Colpin. À gauche du chœur, au-dessus de la sacristie, on distingue, dans un autre style, la nativité de Jacques Grubert.

L’ensemble le plus chatoyant, lorsqu’il est illuminé par le soleil de midi, est celui qui domine l’autel de la Sainte Vierge au fond du chœur, œuvre du maître verrier, Maurice Bordereau. On y reconnaîtra facilement la dormition de la Vierge, son ensevelissement et son Assomption, encadrés de part et d’autre par les grandes scènes des noces de Cana et de Jésus au milieu des docteurs.

 

 

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